Procédé thermique solaire
Séchage solaire par insufflation
Sécher foin, fourrages, céréales ou plaquettes forestières avec l'air réchauffé par une toiture en panneaux solaires hybrides reste une technique éprouvée. Son financement CEE, lui, a pris fin : la fiche AGRI-EQ-110 est abrogée depuis le 24 septembre 2026, et seuls les projets engagés avant cette date peuvent encore être déposés, jusqu'au 2 octobre.
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Le principe du séchage solaire par insufflation
Un panneau solaire hybride porte un échangeur de chaleur sur sa face arrière. L'air qui circule en sous-face du panneau récupère la chaleur que la cellule photovoltaïque dissipe — chaleur qui, sur une installation classique, est perdue et dégrade même le rendement électrique. Le panneau produit donc simultanément de l'électricité et de l'air chaud.
Cet air, réchauffé de 10 à 25 °C au-dessus de la température extérieure, est insufflé par un ventilateur sous la masse à sécher, via une chambre d'aspiration puis une chambre de compression — le couloir de ventilation qui répartit le flux. Le séchage se fait à basse température, ce qui préserve la valeur nutritive du fourrage et évite les fermentations.
Les usages concernés, exploitation par exploitation, sont décrits sur la page séchage solaire en exploitation agricole.
Le procédé n'est pas du photovoltaïque. Il utilise des panneaux, mais ce que la fiche AGRI-EQ-110 valorisait, jusqu'à son abrogation, était la puissance thermique installée, pas la puissance crête électrique. Voir aussi le cluster photovoltaïque en autoconsommation pour la valorisation du volet électrique.
Technologies disponibles
- → Système complet neuf : panneaux hybrides, ventilateurs, chambres d'aspiration et de compression — 25 à 40 °C
- → Toiture couplée : panneaux hybrides raccordés à une insufflation existante — 60 à 80 °C
- → Bâtiment fermé : condition d'éligibilité : le séchage se fait en bâtiment clos
Système complet ou toiture couplée ?
Le choix se fait sur l'existant du bâtiment. Jusqu'au 24 septembre 2026, la fiche AGRI-EQ-110 distinguait ces deux opérations et les finançait dans un rapport de 3,5 à 5,6 ; les barèmes cités ci-dessous sont ceux de cette période.
Système complet neuf de séchage
- ✓ Barème le plus élevé : 42 700 à 134 100 kWh cumac par kW thermique
- ✓ Séchage à basse température (25-40 °C) — qualité du fourrage préservée
- ✓ Dimensionnement libre de l'aéraulique, sans contrainte d'existant
- ✓ Production électrique valorisable en parallèle
- − Investissement complet : panneaux, ventilateurs, génie civil des chambres
- − Exige un bâtiment fermé et une charpente capable de porter la toiture solaire
- − Quatre composants obligatoires au minimum, tous à justifier au dossier
Toiture solaire couplée à l'existant
- ✓ Investissement limité à la toiture hybride
- ✓ Mise en œuvre rapide, sans reprise de l'aéraulique
- ✓ Fonctionne à haute température (60-80 °C) sur les séchoirs existants
- ✓ Le ventilateur et les chambres existantes sont conservés
- − Barème 3,5 à 5,6 fois inférieur : 12 200 à 24 100 kWh cumac par kW
- − Suppose une insufflation existante réellement fonctionnelle
- − Le gain thermique dépend de l'état du réseau d'air en place
Secteurs d'application
Séchage solaire : produits agricoles ou produits forestiers
La fiche abrogée distinguait deux natures de produits, avec un écart de barème d'un facteur 2,4
Produits et co-produits agricoles
AGRI-EQ-110Foin et fourrages, luzerne, céréales, plantes à parfum aromatiques et médicinales, chanvre, co-produits de récolte
Produits et co-produits forestiers
AGRI-EQ-110Plaquettes forestières, bois déchiqueté, connexes de scierie, bois d'œuvre en séchage préalable
Zone climatique
H1 · H2 · H3À rebours de l'intuition, le barème augmente du nord vers le sud : le gisement solaire y est supérieur, et c'est lui que la fiche valorise
Bâtiment
ConditionLe bâtiment utilisé pour le séchage devait être fermé. Un séchage sous auvent ouvert n'ouvrait aucun droit
Conditions de la fiche abrogée, pour les dossiers en cours
Critères généraux
- Opération engagée avant le 24 septembre 2026
- Panneaux solaires hybrides certifiés IEC 61215 et IEC 61730
- Puissance thermique mesurée selon ISO 9806 ou ETV
- Productivité des capteurs ≥ 500 W/m² de surface d'entrée
- Bâtiment de séchage fermé
- Mise en place par un professionnel
Documents requis
- → Dossier déposé au plus tard le 2 octobre 2026
- → Facture mentionnant marques et références des panneaux hybrides
- → Justificatif de productivité en W/m² (électrique + thermique)
- → Attestation sur l'honneur : type d'opération et nature des produits
- → Puissance thermique totale installée en kW
Comment dimensionner une installation de séchage solaire ?
Estimer le volume à sécher
Déterminer la surface de capteurs
Relever la puissance thermique installée
Barème AGRI-EQ-110 jusqu'au 24 septembre 2026
Ce barème ne s'applique plus qu'aux opérations engagées avant l'abrogation. Il porte sur la puissance thermique totale installée, en kW, et croise quatre grilles : la nature de l'opération et la nature des produits séchés, chacune déclinée par zone climatique.
AGRI-EQ-110
- Agricole : 42 700 à 55 700 kWh cumac/kW
- Forestier : 102 600 à 134 100 kWh cumac/kW
- Insufflation à 25-40 °C
AGRI-EQ-110
- Agricole : 12 200 à 17 400 kWh cumac/kW
- Forestier : 16 900 à 24 100 kWh cumac/kW
- Insufflation à 60-80 °C
Pour un projet engagé depuis le 24 septembre 2026, aucune prime CEE ne peut plus être obtenue, et aucune autre fiche ne reprend le séchage solaire. Le financement repose désormais sur le PCAE, les aides régionales et, sur le volet électrique, les dispositifs photovoltaïques de droit commun.
Avantages et bénéfices
Qualité du fourrage
Le séchage à 25-40 °C préserve les feuilles de luzerne et la valeur protéique du foin. Un fourrage ventilé se conserve à 15-18 % d'humidité sans conservateur, contre 25 % au champ.
Double production
Le panneau hybride produit de l'électricité et de l'air chaud sur la même surface. Le refroidissement du module par le flux d'air améliore de 5 à 10 % son rendement électrique.
Substitution d'énergie
L'air chaud solaire remplace un réchauffeur au fioul ou au gaz. Sur un séchoir à plaquettes, l'économie porte sur l'intégralité du poste combustible de séchage.
Ce que le séchage solaire change concrètement
Les gains dépassent l'économie d'énergie : ils portent sur la qualité du produit, l'autonomie de l'exploitation et la valorisation du bâtiment.
Performance du procédé
Un air asséché, pas seulement réchauffé
Élever la température de l'air de 10 à 15 °C divise environ par deux son humidité relative. C'est ce pouvoir évaporatoire, plus que la chaleur elle-même, qui fait sécher : un séchoir solaire bien conçu fonctionne y compris par temps couvert, dès lors que le delta de température est obtenu.
Récupération de la chaleur fatale du module
Une cellule photovoltaïque convertit en électricité 18 à 22 % du rayonnement reçu, et dissipe l'essentiel du reste en chaleur. Le panneau hybride capte cette chaleur au lieu de la perdre. Le bilan énergétique global de la toiture passe ainsi de 20 % environ à 50-60 %.
Fonctionnement sans consommation d'appoint
Hors ventilateur, le procédé ne consomme rien. Sur un système complet neuf, la consommation électrique de ventilation est couramment couverte par la production photovoltaïque de la même toiture, ce qui rapproche le séchoir de l'autonomie énergétique.
Qualité et conservation
Fourrages : feuilles conservées, protéines préservées
Le séchage au champ fait perdre les feuilles de luzerne et de trèfle, où se concentrent les protéines. Une reprise à 40-45 % d'humidité puis un séchage en grange limite cette perte. Les exploitations laitières y gagnent en autonomie protéique et réduisent l'achat de correcteur azoté.
Plaquettes forestières : passer sous 25 % d'humidité
Une chaudière biomasse exige un combustible sous 25 à 30 % d'humidité pour tenir son rendement. Le séchage solaire d'un tas de plaquettes fait descendre l'humidité de 45-50 % à 20-25 % en quelques semaines, sans apport de combustible. C'est ce qui justifie le barème forestier, 2,4 fois supérieur au barème agricole.
PPAM et chanvre : préserver les principes actifs
Les plantes à parfum, aromatiques et médicinales se dégradent au-delà de 40 °C. Le régime basse température de la fiche correspond exactement à leur exigence, là où un séchoir à air chaud classique impose un pilotage fin pour ne pas détruire la valeur du produit.
Économie du projet
Un plan de financement à refaire sans les CEE
La fiche AGRI-EQ-110 apportait jusqu'à 134 100 kWh cumac par kW thermique, soit couramment plus de 50 000 € sur un projet de 90 kW. Depuis son abrogation, un projet non engagé doit se passer de cette part : le retour sur investissement repose sur l'économie de combustible et la valorisation du produit sec.
Les dispositifs agricoles restent mobilisables
Le PCAE et les aides régionales ne dépendaient pas des CEE et restent ouverts, dans la limite des plafonds d'aides d'État. Ils deviennent le premier levier de financement d'un séchoir solaire, avec la valorisation du volet électrique de la toiture.
Valorisation du bâtiment
La toiture hybride remplace une couverture qui, sur un bâtiment agricole des années 1980, arrive souvent en fin de vie. Le projet de séchage devient alors l'occasion de la réfection, et le coût de dépose se déduit d'un poste qui aurait été engagé de toute façon.
Fiches CEE associées
AGRI-EQ-110
Abrogée depuis le 24 septembre 2026. Séchage solaire par insufflation utilisant des panneaux solaires hybrides : barème à la puissance thermique installée, durée de vie 15 ans, productivité des capteurs ≥ 500 W/m².
Fiche abrogée
AGRI-EQ-110 n'ouvre plus aucun droit à certificats
Le recensement des dossiers engagés avant le 24 septembre 2026 est clos depuis le 2 octobre 2026 : plus aucun dossier ne peut être déposé au titre de cette fiche. Si elle est un jour rétablie ou remplacée, inscrivez-vous sur liste d'attente pour être recontacté.