Tertiaire bat-th Active
BAT-TH-111

Chauffe-eau solaire collectif

Questions fréquentes sur la fiche BAT-TH-111 : montant prime, éligibilité, capteurs, étude dimensionnement, RGE Qualisol, délai versement.

Retrouvez ci-dessous les réponses aux questions les plus posées sur la fiche BAT-TH-111, le dispositif CEE finançant les chauffe-eau solaires collectifs dans les bâtiments tertiaires existants.

Les questions transverses — cumul, calendrier d’engagement, choix entre fiches — figurent dans la FAQ photovoltaïque en autoconsommation.

À savoir

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Éligibilité et bâtiments

La fiche BAT-TH-111 couvre tous les bâtiments du secteur tertiaire existants (plus de 2 ans) en France métropolitaine ayant des besoins collectifs d'eau chaude sanitaire importants. Les profils les plus courants sont les hôtels, les EHPAD, les piscines collectives, les gymnases, les restaurants collectifs, les campus universitaires avec internat et les résidences services. Le critère déterminant est le type d'usage : la production d'ECS doit être collective (plusieurs usagers) et le bâtiment doit relever du secteur tertiaire, non résidentiel.
Non. La condition d'ancienneté de 2 ans est une exigence réglementaire de la fiche BAT-TH-111, vA17-1. Les bâtiments neufs et ceux livrés depuis moins de 24 mois à la date de signature du devis sont exclus. En revanche, une extension récente d'un bâtiment tertiaire existant (avec une partie nouvelle < 2 ans) peut être éligible pour la partie existante si l'installation CESC est dimensionnée sur les besoins globaux du bâtiment. Un bureau d'études thermiques peut déterminer la proratisation applicable.
Oui. La Corse fait partie de la France métropolitaine au sens de la fiche BAT-TH-111. Les bâtiments tertiaires existants en Corse sont donc éligibles aux mêmes conditions que sur le continent. Le gisement solaire corse est même supérieur à la moyenne métropolitaine, ce qui permet généralement d'atteindre un taux de couverture solaire plus élevé et d'optimiser la prime CEE.
Non. La fiche BAT-TH-111 couvre exclusivement les usages tertiaires (ECS collective des salariés, clients, résidents). Si le bâtiment inclut des logements de fonction avec leurs propres besoins ECS résidentiels, ces besoins doivent être exclus du calcul du paramètre B. Pour les logements résidentiels, c'est la fiche BAR-TH-101 (CESI individuel) ou des fiches spécifiques logement collectif qui s'appliquent.

Montant de la prime

La prime CEE est calculée selon la formule B × T × 0,196 (en kWh cumac), où B est le besoin annuel en ECS du bâtiment en kWh/an et T le taux de couverture solaire exprimé en décimale. Ce montant en kWh cumac est ensuite converti en euros selon le prix unitaire du kWh cumac fixé par l'obligé ou le délégataire. Pour une installation typique (B = 80 000 kWh/an, T = 0,50), on obtient 80 000 × 0,50 × 0,196 = 7 840 kWh cumac, soit environ 6 000-10 000 € selon le prix unitaire.
Le montant d'une prime BAT-TH-111 varie entre 5 000 et 15 000 € pour les installations courantes. Un EHPAD de 80 résidents avec des besoins ECS de 100 000 kWh/an et un taux de couverture de 50 % générera environ 9 800 kWh cumac. Une piscine collective avec des besoins de 200 000 kWh/an et un taux de couverture de 40 % produira environ 15 700 kWh cumac. Le prix unitaire du kWh cumac varie selon les obligés entre 0,005 et 0,010 € — négociez-le avec au moins deux obligés ou délégataires.
Oui. La prime CEE est cumulable avec le Fonds Chaleur (aide de l'ADEME pour la production de chaleur renouvelable), les aides des collectivités locales (régions, départements, communes), les prêts verts bonifiés et le crédit d'impôt pour les entreprises qui investissent dans des équipements énergétiques. Le Fonds Chaleur est particulièrement intéressant pour les projets tertiaires : il peut financer 20 à 40 % du coût d'investissement en complément de la prime CEE, ce qui réduit considérablement le temps de retour sur investissement.
La prime CEE perçue par une entreprise ou un établissement tertiaire constitue un produit imposable à l'impôt sur les sociétés (ou à l'impôt sur le revenu pour les entrepreneurs individuels). Elle est inscrite en produit exceptionnel dans le compte de résultat. En revanche, les collectivités publiques et certains établissements à but non lucratif (associations, établissements de santé non lucratifs) bénéficient de régimes fiscaux spécifiques — consultez votre comptable pour la qualification exacte.

Capteurs et équipements

La fiche BAT-TH-111 version vA17-1 exclut explicitement les capteurs hybrides (photovoltaïques-thermiques) car leur rendement thermique certifié est inférieur à celui des capteurs purement thermiques. Les capteurs hybrides sont dimensionnés pour produire à la fois de l'électricité et de la chaleur, ce qui dilue les performances thermiques utilisées dans le calcul B × T × 0,196. Cette exclusion est définitive : aucune dérogation n'est prévue dans la réglementation. Si vous souhaitez installer des capteurs hybrides, vous devrez mobiliser d'autres dispositifs de financement.
Oui, à condition qu'ils soient certifiés Solar Keymark ou CSTBat. Les capteurs à tubes sous vide sont même souvent privilégiés pour les installations CESC tertiaires car leur rendement en conditions réelles (notamment en hiver et sous rayonnement diffus) est supérieur aux capteurs plans. Ils permettent d'atteindre des taux de couverture plus élevés avec une surface de toiture plus réduite, ce qui est avantageux pour les bâtiments tertiaires avec une faible surface disponible.
Pour un EHPAD de 80 résidents, les besoins ECS sont généralement de l'ordre de 90 à 120 litres par résident et par jour à 60°C, soit des besoins annuels de 80 000 à 110 000 kWh/an. Pour couvrir 40 à 50 % de ces besoins avec des capteurs plans classiques (rendement 0,65), il faut environ 80 à 120 m² de capteurs avec un ballon de stockage de 3 000 à 5 000 litres. L'étude de dimensionnement par bureau d'études permettra d'affiner ces estimations en fonction du gisement solaire local et de l'orientation disponible en toiture.
Pas nécessairement. Si le ballon existant est en bon état, correctement dimensionné et compatible avec le circuit solaire (matériaux, pression, volume de stockage), il peut être conservé. L'étude de dimensionnement devra valider cette compatibilité. En pratique, les installateurs Qualisol recommandent souvent de remplacer les ballons de plus de 10 ans car leur rendement thermique se dégrade et ils peuvent présenter des risques Legionella. Le remplacement ou non du ballon ne conditionne pas l'éligibilité BAT-TH-111.

Étude de dimensionnement et installation

Oui. L'étude de dimensionnement par bureau d'études thermiques est obligatoire pour tout dossier BAT-TH-111, quelle que soit la taille du projet. Il n'existe pas de seuil minimal ou de dérogation. Cette étude est le fondement du calcul de la prime (paramètres B et T) et les obligés CEE en exigent la fourniture avant et après travaux. Son coût (1 500 à 3 500 € HT selon la complexité du projet) est généralement inclus dans le devis global de l'installateur Qualisol ou facturé séparément par le bureau d'études.
Il n'existe pas de qualification réglementaire spécifique imposée pour l'étude BAT-TH-111. Toutefois, les obligés CEE acceptent les études réalisées par des bureaux d'études certifiés OPQIBI (qualifications énergétique ou thermique), des organismes agréés Qualisol pour les CESC, et des thermiciens BET avec des références vérifiables en solaire thermique collectif. L'installateur Qualisol peut aussi réaliser l'étude s'il possède les compétences requises, mais les obligés préfèrent généralement une étude indépendante de l'installateur pour garantir l'impartialité.
Il n'existe pas de délai maximum fixé entre l'enregistrement du dossier CEE et la réception des travaux. En pratique, les obligés accordent généralement 12 à 24 mois pour finaliser l'installation et transmettre les justificatifs. Si les travaux se prolongent au-delà, une prorogation peut être demandée. Les délais réels d'installation varient de 2 à 6 semaines selon la complexité de l'installation et les contraintes d'accès à la toiture.
Oui, sous certaines conditions. Si le projet initial prévoit une extension future (surface de capteurs supplémentaire, ballon additionnel), chaque phase peut faire l'objet d'un dossier BAT-TH-111 distinct, à condition que chaque phase soit une installation complète et fonctionnelle. En revanche, fractionner artificiellement une installation unique en plusieurs dossiers pour contourner un seuil est interdit. Le bureau d'études thermiques devra clairement distinguer les phases dans son rapport.

Prime CEE et démarches

Le délai de versement varie selon l'obligé ou le délégataire choisi. Après réception d'un dossier complet (tous justificatifs transmis), comptez 4 à 12 semaines pour le versement. Les délégataires spécialisés (Hellio, Effy, Eco Moonshots, etc.) ont souvent des délais plus courts que les obligés directs (fournisseurs d'énergie). Le paiement se fait par virement bancaire sur le RIB du bénéficiaire. En cas de dossier incomplet, le délai repart à zéro après réception des pièces manquantes.
Oui. Un tiers mandataire (délégataire, courtier CEE, installateur mandaté) peut gérer tout ou partie du dossier pour le compte du bénéficiaire. Dans ce cas, le mandat doit être signé avant tout dépôt de dossier et préciser clairement les responsabilités et la rémunération du mandataire. Attention : certains délégataires proposent une gestion gratuite en échange d'une réduction du prix unitaire du kWh cumac. Comparez les offres nettes (euros versés au bénéficiaire) plutôt que les prix unitaires bruts.
Non. La prime CEE n'est pas indexée sur le coût des travaux mais sur les paramètres B et T calculés par le bureau d'études. Si l'installation est finalement moins coûteuse que prévu (meilleur devis, matériaux moins chers), la prime n'est pas réduite pour autant. En revanche, si les paramètres réels post-installation (notamment T) s'avèrent inférieurs aux estimations de l'étude préliminaire, la prime sera calculée sur les valeurs réelles du rapport final.
La DGEC (Direction Générale de l'Énergie et du Climat) contrôle aléatoirement les dossiers CEE. Si un contrôle révèle une non-conformité (capteurs non certifiés, taux de couverture surestimé, installateur non qualifié), l'obligé peut exiger le remboursement total de la prime majoré de pénalités. Dans les cas graves (fraude délibérée), des sanctions pénales peuvent s'appliquer. Conservez tous vos justificatifs pendant 5 ans minimum après réception de la prime.

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Texte de référence : la fiche officielle BAT-TH-111 publiée par l'ADEME. En cas d'écart, c'est ce document qui fait foi.